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Les ruches urbaines de Montréal

Deux Montréalais, François Lebeau et Alex Gabriel, ont trouvé un merveilleux hobby et ils ne sont pas les seuls! L’apiculture urbaine est en pleine expansion à Montréal. L’ère de l’agriculture urbaine étant très présente, des ruches se sont installées un peu partout en ville. François et Alex ont bien voulu répondre à nos questions et on voit qu’ils ont du plaisir à s’occuper de leurs abeilles. On le sait, sans abeilles, pas de pollinisation. Pas de pollinisation, pas de végétaux. Pas de végétaux pas de nourriture et puis, pas de nourriture… bah, c’est la fin! Fait intéressant, les abeilles participent à plus d’un tiers de la nourriture de l’Homme. On peut affirmer qu’elles nous sont tout simplement indispensables! Voyons de plus près comment elles fonctionnent.

Tout d’abord visitons la ruche :
Ici, chaque abeille à un rôle particulier et ce rôle évolue au fil de sa vie.
Il y a évidemment la reine qui, elle, ne s’occupe que de pondre en fonction des besoins de la ruche. Quand elle naît, la reine, qui aura été choisie par ses consœurs, quitte la ruche pour se faire inséminer. Ceci étant fait, elle va créer une nouvelle colonie dans une nouvelle ruche. Elle pourra pondre pendant environ 3 ans, après quoi elle n’est plus productive. Elle est donc remplacée par une nouvelle reine. Les abeilles de la ruche décident alors de qui sera la nouvelle reine.


Ensuite, il y a les ouvrières qui restent au sein de la ruche, avec la reine. Elles s’occupent de l’entretien des alvéoles et de la propreté de la ruche… Puis, viennent les maçonnes. Celles-ci fabriquent la ruche donc, fabriquent les alvéoles et s’occupent de l’agrandissement de la ruche. Les gardiennes, elles, s’occupent de protéger la ruche contre les intrus extérieurs (guêpes, rongeurs etc…) Les récolteuses, sont celles qui vont chercher le nectar et le pollen. Ce sont celles qu’on croise un peu partout. Les bourdons eux, n’ont qu’un rôle : perpétuer la génétique de la ruche, donc inséminer la reine. Après quoi, ils meurent.

N.: Est-ce compliqué d’installer une ruche en ville? (permis, lois, etc…)?
F. et A. : Il y a quelques règles à respecter (accord des personnes environnantes, distance libre autour de la ruche…) Mais pour le moment c’est encore un peu flou et c’est surtout des règles de bon sens et de respect pour les abeilles et pour la population alentour. Il n’existe pas encore de législation pour la ville de Montréal (projet en cours). C’est surtout un projet sur du long terme qui demande un engagement sérieux de la part de l’apiculteur responsable.

N. : Combien y a-t-il de ruches, juste à Montréal?
F. et A. : C’est difficile à évaluer, car toutes les ruches ne sont pas déclarées , mais il y en au moins 300 … En 2012 il n’y en avait que 165, il y a eu un boom dans les dernières années. C’est devenu comme une mode et puis il y a un intérêt grandissant pour l’agriculture urbaine en général.

 

N. : Y a-t-il des endroits stratégiques pour placer sa ruche, ou bien on peut faire ça un peu n’importe ou?
F. et A. : Il faut regarder plusieurs aspects. L’orientation au soleil est importante. Plus les abeilles auront de soleil tôt, plus elles iront butiner tôt et donc produiront plus de miel. Il faut aussi penser à ne pas trop les exposer en plein vent, pour éviter qu’elles ne fatiguent trop. Il faut éviter les creux, car en cas de pluie, la ruche serait inondée. Il doit y avoir un espace dégagé autour de la ruche (éviter d’être entouré d’immeubles…). Il doit aussi, bien sûr, y avoir des espaces floraux, arbres aux alentours pour éviter que l’abeille aille chercher trop loin son pollen et elle doit aussi être proche d’une source d’eau. Le gros avantage en ville par rapport à la campagne est qu’il y a peu de pesticides / insecticides pulvérisés sur les plantes en général. Ce qui va favoriser le développement de la colonie et la rendre plus forte.

N. : Combien d’abeilles contient une seule ruche?
F. et A. : C’est variable, Mais une ruche qui fonctionne bien en plein été peut contenir environ 80 000 abeilles. Les abeilles vivent environ 30-35 jours l’été et 6 mois l’hiver en période d’hivernation.

N. : Combien de litres de miel une seule ruche peut donner?
F. et A. : C’est très variable selon la taille de la colonie et son environnement. Une bonne saison peut tourner autour de 40-60 kg de miel! Et une mauvaise saison peut tourner autour de 2-3 kg. C’est très variable selon les années, les ruches et l’environnement.

N. : Comment récupérez-vous le miel?
F. et A. : Il y a deux récoltes dans l’année. Une en milieu d’été et une en fin d’automne. Tout d’abord, il faut vider les hausses des abeilles et récupérer les cadres plein de miel. Ensuite on procède à l’extraction. On désopercule les alvéoles (retirer la cire qui protège le miel), on place les cadres dans un extracteur (grosse laveuse) et on retire le miel des alvéoles par centrifugation. Puis on le filtre et on le met en pot. Toutes ces opérations doivent se faire le plus rapidement possible car les abeilles ne sont plus là pour réguler l’humidité des cadres et donc du miel.

N. : Prendre soin d’une ruche et de ses abeilles, ça consiste en quoi ?
F. et A. : Au début et a la fin de l’hiver on doit les nourrir avec de l’eau et du sucre, parce qu’il n’y a plus de végétation pour qu’elles se nourrissent par elles-mêmes. Il faut aussi leur faire des traitements réguliers contre les maladies (le varroa principalement). C’est donc principalement de l’observation et l’application de traitements.

N. : Est-ce que la ville est un bon environnement pour elles?
F. et A. : Étonnamment oui! C’est une activité nouvelle dans les villes et les premières observations montrent qu’elles sont moins malades qu’en campagne (probablement dû au fait qu’il y a moins de pesticides et d’insecticides sur les végétaux en ville)

N. : Croyez-vous qu’il y a trop de ruches à Montréal vs la végétation environnante?
F. et A. : À Montréal les ruches sont très concentrées dans une zone spécifique (centre-ville, plateau, rosemont, Villeray). Donc, il commence à y avoir beaucoup de ruches en effet. Effectivement si l’apiculture urbaine devient une trop grande mode, dans une même ville, (surtout dans une même zone concentrée) les abeilles n’auront plus assez de végétaux pour se nourrir.

Voilà maintenant que vous en savez un peu plus sur ces petits êtres volants qui nous sont si chers. Pour en connaître davantage sur tout le travail qu’il y a derrière ces supers produits de la ruche qu’on utilise pour se soigner, prévenir la maladie, cuisiner et même s’épiler, vous pouvez consulter le site de la coop Miel Montréal: http://mielmontreal.com 

Emilie Paps

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